Le bruxisme chez l’enfant : quand faut-il s’en inquiéter ?
Il arrive que les parents entendent leur enfant grincer des dents la nuit.
Ce bruit surprend, parfois inquiète.
Pourtant, le bruxisme chez l’enfant n’est pas toujours pathologique : dans la plupart des cas, il s’agit d’un phénomène transitoire, lié à la croissance, au développement du système nerveux et à la gestion des émotions.
Qu’est-ce que le bruxisme chez l’enfant ?
Le bruxisme correspond à un serrement ou un frottement involontaire des dents, souvent pendant le sommeil.
Chez l’enfant, il peut se manifester dès l’apparition des premières dents de lait, puis réapparaître au moment du changement de dentition.
Ce mouvement inconscient fait partie d’un processus d’ajustement du corps : le système nerveux, les mâchoires et la respiration cherchent leur équilibre.
Les causes fréquentes du bruxisme chez l’enfant
Le bruxisme est multifactoriel.
Voici les causes les plus courantes chez l’enfant :
Maturation du système nerveux
L’enfant apprend à réguler son tonus, ses émotions et ses cycles de sommeil.
Le serrement des dents peut accompagner cette étape de développement.
Gestion du stress ou des émotions
Un changement (entrée à l’école, arrivée d’un frère ou d’une sœur, contrariété…) peut générer des tensions corporelles.
Les enfants expriment souvent par le corps ce qu’ils ne peuvent encore dire avec les mots.
Troubles du sommeil
Agitation nocturne, cauchemars ou sommeil léger peuvent accentuer le bruxisme.
Il survient souvent pendant les micro-réveils, quand le système nerveux se réajuste.
Facteurs mécaniques
Mauvaise occlusion dentaire,
Respiration buccale,
Tension linguale ou musculaire.
Ces éléments peuvent entretenir les crispations au niveau de la mâchoire.
Réflexes archaïques ou schémas de succion persistants
Certains réflexes du nourrisson non intégrés (succion, agrippement, réflexe de Moro…) peuvent perturber la régulation orale et favoriser les tensions maxillo-faciales.
Les signes qui doivent alerter
Un épisode isolé de bruxisme n’est pas inquiétant.
Mais une consultation peut être utile si tu observes :
des douleurs dans la mâchoire ou les tempes,
des maux de tête au réveil,
une usure précoce des dents,
des troubles du sommeil (réveils fréquents, cauchemars),
des difficultés à mastiquer ou à avaler,
une respiration buccale chronique,
ou encore des troubles posturaux (tensions cervicales, épaules contractées, agitation motrice).
Le rôle de l’ostéopathie dans le bruxisme de l’enfant
L’ostéopathie propose une approche douce et globale pour :
Détendre les muscles de la mâchoire, du crâne et du cou,
Améliorer la mobilité des articulations temporo-mandibulaires (ATM),
Libérer les tensions posturales qui entretiennent le serrage,
Favoriser la respiration nasale et la déglutition harmonieuse,
Apaiser le système nerveux, souvent en hypervigilance.
L’enfant retrouve peu à peu une détente naturelle du visage et une meilleure qualité de sommeil.
Conseils aux parents
➤ Observer sans dramatiser : beaucoup d’enfants traversent cette phase sans conséquence.
➤ Favoriser des rituels apaisants du coucher (respiration, lecture, lumière douce).
➤ Limiter les écrans et les excitants avant le sommeil.
➤ Encourager les activités corporelles et sensorielles : danse, dessin, motricité, chant.
➤ Veiller à une bonne posture et une respiration nasale fluide.
➤ Consulter si les symptômes persistent, pour un accompagnement global (ostéopathe, dentiste, orthophoniste, parfois psychologue).
En résumé
Le bruxisme de l’enfant est souvent l’expression d’un corps en adaptation : entre croissance, émotions et maturité nerveuse.
En l’observant avec bienveillance et en soutenant le relâchement global, il est possible d’aider l’enfant à retrouver la sérénité, la nuit comme le jour.
